Vielles histoires
Article mis en ligne le 19 avril 2011
dernière modification le 26 février 2013

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Petites histoires du Val : Niouc, le passé recomposé et le présent subjugué

Niouc, le mot chante doux et pétillant à l’oreille. Il commence rapide mais pendant qu’on se le chante encore, Niouc, il exige de remplir le vide pour finir en hauteur, comme s’il voulait signifier par là l’étonnement, la curiosité, la malice, la gaieté.

Tout cela en s’inspirant de Ramuz. Niouc n’a pas non plus été chanté. C’est peut-être le fait qu’il ne soit pas entouré de fleurs et de bocages mais après tant et tant d’années il se peut aussi que le poète n’ait pas trouvé de rimes riches ou pauvres.

C’est vrai que le mot étonne et détonne. Niouc, pas de saint là derrière que je ne saurais voir. Laissons à Symphorien Florey nous en donner une première explication.

 

Le baromètre de Gniouc

Le petit village de Gniouc est situé à l’entrée du val d’Anniviers. Ecrire Niouc est faux puisque l’on enlève sa signification. En patois, Gniouc veut dire nuage (gnio-oula). Cette région est particulièrement bien placée pour observer l’évolution du temps. Nos ancêtres en avaient fait un baromètre quasi infaillible. Supposez que par une nuit sombre, il soit tombé plusieurs averses de pluie accompagnées de violents coups de tonnerre. Le matin suivant, c’est le calme, couvert bas. Une longue ligne de brouillard s’est formée, s’étendant de Nax, Loye, Itravers jusqu’à Briey. Si le brouillard se dissipe, au-dessus de Gniouc, l’avis est formel, le beau temps se rétablira. Si, au contraire, le brouillard continue plus loin, lèche les rochers du Coukello (Beauregard), la grande forêt de Sierre, c’est le signe évident qu’il y aura encore pluie et orages. Ce baromètre naturel rend encore de nos jours de précieux services aux observateurs avisés, surtout aux agriculteurs, au temps des fenaisons, traitements de la vigne et autres.

L’on raconte d’autre part, que lors d’une tentative d’infiltration des Réformés dans le val d’Anniviers, un groupe de Vaudois parvint jusqu’à Gniouc. Soudain, l’un d’eux eut à satisfaire à ses besoins naturels urgents. Il choisit prestement, à cet effet, un petit bûcher attenant à une habitation occupée par un ménage. Mal lui en prit. L’opération terminée, le propriétaire, armé d’un solide gourdin, poursuivit l’intrus au galop jusqu’au bord d’un précipice où il trouva la mort en dérochant jusqu’à la Navizance. L’on désigne encore maintenant cet endroit sous le nom de la « Combe du Vaudois » .

 

Paul de Chastonay dans son livre « Au Val d’Anniviers » parle de Niouc et évoque son nom latin – Noviodunum - sans pour autant en donner la signification exacte. Mais redonnons la parole à Symphorien pour une autre histoire à propos de l’un des emblèmes de Niouc, ses peupliers. La société de développement et amicale de Niouc les a d’ailleurs choisis comme logo pour cette fête. Relevons qu’il est fait mention ici du chemin des sources mais sous le terme plus prosaïque de sentier conduisant à l’abreuvoir public.

 

 

Les peupliers de « Gniouc »

Vers 1912, Joseph Antille de Joseph, de sobriquet moutta ou katella, planta six peupliers, en contrebas de la route d’ Anniviers, visibles depuis Sierre et la Noble Contrée. Ces arbres représentaient, selon lui, les sjx communes de la vallée. Il y planta aussi une dizaine de cerisiers longeant la route à gauche en descendant. Plus tard, les peupliers atteignirent un beau cubage. Un commerçant de l’endroit proposa de les lui acheter à un bon prix. D’accord lui dit Joseph, après demain, avec un ouvrier, nous irons les abattre. Dès que j’aurai reçu le montant convenu, je vous livrerai le bois... Entre-temps, Julien, teneur des registres de la commune, ayant eu vent de la chose s’est dit : -Au préalable, allons voir où se trouvent les limites. Julien arrive juste à temps pour surprendre les deux bûcherons au pied des peupliers prêts à commencer le travail. Il leur dit : -Primo, allons ensemble vérifier l’endroit exact où se trouvent les limites de la commune. Il s’avéra que les arbres étaient bel et bien plantés sur terre communale au bord du sentier conduisant à l’abreuvoir public en aval du village. -Dans ce cas, mes chers amis, je vous conseille de reprendre vos outils et de regagner au plus vite votre domicile. En outre, je remarque que la lignée des cerisiers que tu as plantés là, Joseph, dans le talus de la route, appartiennent à l’Etat, donc défense vous est faite de toucher à tous ces arbres ! Compris ?

Dans la suite, ces végétaux se sont développés en toute tranquillité. Souhaitons-leur encore plusieurs siècles d’existence, plantés là qu’ils sont à la manière d’un corps de garde placé à l’entrée du val d’Anniviers. Quand vient le printemps, quand la nature se réveille, ces arbres ne sont-ils pas un ornement de toute beauté.

Contemplons donc en passant, ces beaux cerisiers en fleurs à pétales blanches immaculées, et ces majestueux peupliers, aspirant la sève pour que s’épanouisse leur haute stature, offrant aux nombreux touristes un superbe feuillage d’un vert tendre du plus bel effet.

A relever que sur la colline du Plan de Gniouc, il y avait dans le temps une chapelle dédiée dit-on, à saint Thomas d’Aquin, désaffectée et tombée en ruine au début du vingtième siècle.

 

Beauregard, l’Imprenable saisissant

Il est vrai que l’occasion se prête à rappeler l’occupation du pays, les Celtes par ci, les Huns et les autres par là et les Sarrasins à Bovernier.

Non je ne parlerais pas des Nobles d’Anniviers, des amours d’Antoinette d’Anniviers et de Pierre de Venthône. Encore moins du baron Pierre de Rarogne et de son ennemi juré Amédée VII dit le Comte Rouge. Une histoire haute en couleurs lorsqu’on se penche sur le passé de Niouc et du Val d’Anniviers.

Ce sont les constructions du passé qui font les vestiges d’aujourd’hui.

Les ruines de la tour de Niouc sur la pointe de Beauregard, véritable pain de sucre qui domine le village de Niouc et la vallée du Rhône. S’il fallait ériger une tour de garde, c’était bien sur cet éperon rocheux qu’il fallait le faire.

Les historiens situent son origine autour de l’année 1380. Sa longévité a été courte et là aussi les historiens ne sont pas d’accord mais date sa deuxième et définitive destruction vers 1416 – 1417. Son surnom d’Imprenable n’est pas usurpé. La dernière garnison se rendit vaincue par la faim et la soif et non pas par les armes. Il n’existe aucune reproduction de ce château, sa courte existence l’a desservi.

 

L’archéologue Blondel en a dressé un plan général.

A, tour principale ; B, logements ; C, citerne ; D, cour ; E, tour ; F, entrée ; G, pont-levis au-dessus du fossé ; H, mur d’appuis du pont.

Comme vous pouvez le constater, la base est triangulaire, c’est une des rares forteresses qui a une telle forme. Les dimensions avancées sont de 5 x 5 x 5 mètres 60. L’épaisseur des murs est de 1 mètre 20. Personne ne peut en donner la hauteur.

 

Un nouveau défi pour la SD de Niouc serait de donner vie, de donner une hauteur à ces ruines. Imaginez Beauregard avec l’Imprenable, c’est saisissant de s’en imprégner.

Sierre aurait sa tour comme Martigny a la Bâtiaz. Mais il y a un petit hic. La pointe occidentale du rocher de Beauregard appartient à la commune de Chippis.

Dommage cela aurait été pourtant bien. Cependant, un projet bien plus réaliste à été réalisé, celui du superbe couvert de Niouc.

Voilà ce que pourrait donner le rocher de Beauregard avec une tour en son sommet. Dommage, cela pourrait être bien.


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